Archive pour mars, 2009
Le cratère de Darvaza
Connaissez vous le cratère de Darvaza ?
Ce lieu est appelé par les habitants « La porte de l’enfer ». Il est situé près de la petite ville de Darvaza au Turkménistan. Le sous-sol de Darvaza est très riche en gaz naturel.
En 1971, une équipe de géologues entreprit un forage à la recherche d’une nappe de gaz dans une cavité souterraine. Soudainement, tout s’effondra dans le sous-sol, y compris les équipements de forage et le camp ; laissant un cratère géant de 50 à 100 mètres de diamètre. Personne n’osait aller là-bas parce que la cavité était remplie de gaz. Ils l’ont donc enflammée afin qu’aucun gaz toxique ne puisse sortir du trou, et depuis lors, il brûle, 38 ans sans aucune pause. Personne ne sait combien de tonnes de gaz ont été consommées pendant toutes ces années, mais il se pourrait bien que ce soit à l’infini…

La Verna – Saint – Engrâce un barrage au centre de la Terre


coupe du réseau de la Pierre saint martin
Situé au coeur des Pyrénées, à quelques encâblures de la frontière espagnole, le massif de la Pierre Saint Martin est connu des skieurs et randonneurs ; il est surtout réputé auprès des spéléologues.
Véritable gruyère de 360 kilomètres de galeries et de cavités, il a été rendu célèbre par la caméra de Aroum tazieff, dans les années 1950.
Située à 700 mètres au-dessus du sommet de la montagne, la salle de la Verna est la plus grande jamais découverte en France :
une cathédrale, haute de 194 mètres et large de 240 mètres, une des plus grande salle du monde.
C’est là, dans cet immense antre que la Shem, Société hydroélectrique du Midi, filiale de Suez vient de réaliser une centrale hydroélectrique.
Exemplaire sur le plan environnemental, le chantier a bénéficié du soutien des élus locaux et surtout des fédérations de pêche et de spéléologie ainsi que des associations et des riverains.
Il faut d’abord monter jusqu’à Saint-Engrâce, un village éclaté en deux morceaux avec d’un côté, l’église du XIème siècle, de l’autre sa mairie, son tabac et son café. Partant de là, on rejoint le barrage sur lequel la Shem exploite déjà deux usines hydroélectriques, construites en 1917 et en 1953, avant d’atteindre un peu plus haut la nouvelle unité, évidemment baptisée la Verna.
Quatres kilomètres de lacets et quelques centaines de mètres plus haut, l’entrée du tunnel EDF.
Puis à pied, 660 mètres seulement marqués par deux ou trois bifurcations et parfaitement renforcés et c’est l’arrivée sur le balcon.
il fait noir et c’est d’abord le bruit assourdissant du torrent qui saisit.
Formé d’immenses rochers, le balcon est comme posé à mi-hauteur de la salle, une salle énorme dans laquelle pourraient s’empiler six cathédrales Notre Dame de Paris…

Salle de la Verna : modèle numérique de terrain réalisé par lasergrammétrie représentant la
cathédrale Notre Dame de Paris en contre bas de la galerie Aranzadi

vue de la plateforme EDF, du nord vers le Sud

Panorama de la salle de la Verna, gouffre de la pierre saint Martin.
La salle de la Verna est la plus grande salle souterraine de France et la dixième plus grande au monde. Ses dimensions de 245m x 242m x 194m ont même permis aux élèves de Polytechnique d’y réaliser un vol en Mongolfière (de 25m de hauteur) !

Montgolfière dans la salle de la Verna.
Cette salle découverte en 1953 est située à 734m de profondeur de l’entrée naturelle connue à l’époque (Gouffre de la Pierre St Martin, puit Lépigneux).
Comment s’est donc formée la salle de la Verna ?
Dans le cas de la salle de la Verna, le socle hercynien est localement composé de calcaires dévoniens. Grâce à la position et à la nature des remplissages de la galerie Aranzadi, perchée 100 m au-dessus de la salle de la Verna, on sait que la rivière s’écoulait il y a environ 200 000 ans dans cette galerie, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
Les eaux de la rivière souterraine ont infiltré les calcaires dévoniens du socle en les dissolvant peu à peu. Les nombreux vides karstiques ainsi crées ont abouti à un effondrement important entre 194 000 et 211 000 ans, à l’origine du vide imposant actuel.
La salle de la Verna est donc liée à une capture hydrologique par l’intermédiaire d’une « doline d’effondrement souterraine » dans le socle. Les eaux de la rivière sont maintenant drainées dans les calcaires dévoniens du socle vers d’autres galeries souterraines, à ce jour non reconnues.
Exploré par Eugène Fournier et Édouard-Alfred Martel dès la fin du 19ème siècle, le massif acquiert sa notoriété avec la découverte, en 1950, par Georges Lépineux du gouffre de la Pierre Saint-Martin, qui constituera le premier accès à la rivière Saint-Vincent.
En 1951, cette verticale de 320 mètres, la plus grande du monde à l’époque, est descendue par Georges Lépineux, Marcel Loubens et Haroun Tazieff à l’aide d’un treuil conçu par Max Cosyns, physicien belge.

Gouffre lépineux 320 mètres de vertical, entrée naturelle

entrée du gouffre lépineux de nos jours
En 1952, une expédition de grande ampleur, prévue à laquelle participe encore Haroun Tazieff tourne au drame : un serre-câble se dévisse, Loubens fait une chute de 30 mètres au cours de sa remontée et décède au fond du gouffre. Le corps est enterré sur place, et ne sera ramené à la surface que deux ans plus tard.
Ce drame au fond du gouffre le plus profond du monde est relayé par la presse mondiale et sera relaté par Tazieff dans son livre « Le Gouffre de la Pierre Saint-Martin ».
« Animé par une passion toute désintéressée pour la spéléologie, n’a cessé depuis sa jeunesse, périlleuses descentes, a entrepis, avec de valeureux compagnons, en août 1952, l’exploration particulièrement dangereuse du gouffre de la Pierre Saint Martin , et y a trouvé une mort glorieuse au service de la science. »
Dans le gouffre, à l’endroit du bivouac, fut écrite l’épitaphe : « ici Marcel Loubens a vécu les derniers jours de sa vie courageuse » Son nom a été donné à de nombreuses rues et voies, ainsi qu’à plusieurs bâtiments publics et bien sûr à d’innombrables salles de grottes. Un gouffre porte son nom en Italie.
Une cavité souterraine devenue centrale électrique
Jacques Labeyrie a l’idée d’un aménagement hydraulique sur le site. C’était avant même la découverte, en 1953 par une équipe de spéléologues lyonnais, de l’immense salle de La Verna, traversée six mois de l’année par la rivière souterraine. En 1956, EDF s’intéresse au site et entreprend la construction d’un tunnel de 660 mètres de long, devant permettre de rejoindre la salle où sera effectué le captage. À l’époque, l’opérateur historique est en pleine frénésie de construction de barrages hydrauliques, mais le site ne délivre pas la capacité de production électrique escomptée et EDF renonce à son projet en 1960. Le tunnel ne sera plus dès lors emprunté que par les spéléologues, jusqu’en 2006. Le projet est alors repris par la Shem, Société Hydroélectrique du Midi – filiale de la SNCF, qui a été reprise en 2006 par Électrabel, du groupe Suez. La société, qui compte 50 usines hydroélectriques dans le Massif Central et les Pyrénées, opére depuis de longue date dans la région. C’est aussi sûrement cette ancienneté qui a permis à l’opérateur d’obtenir l’agrément des représentants locaux, élus et associatifs.
Les collectivités y ont vu la possibilité d’ouvrir le site au tourisme ; « Grâce au projet de La Verna, la rivière de Sainte-Engrâce a retrouvé une seconde vie en laissant place à nouveau à la faune et à la flore », renchérit Clément Bosom, président de l’Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique du Pays de Soule. Et pour Jean-François Godard, conseiller technique pour le Comité départemental de spéléologie Pyrénées-Atlantiques, « ce projet est une occasion formidable de démontrer encore une fois que la spéléologie et ses passionnés contribuent au progrès et en l’occurrence celui de l’énergie ».
Sans le soutien de ces passionnés, aucun barrage n’aurait pu être envisagé ; les ingénieurs de la Shem en étaient conscients. De fait, tout a été fait pour inséréer au mieux le projet dans environnement. Aucune grosse machine n’a pu pénétrer dans la salle de la Verna. Béton, sable, poutrelles en acier ont donc été acheminés à la main ou sur de petits chariots. Une passerelle qui donne accès à la prise d’eau a été construite le long de la falaise. Elle est elle-même longée par la conduite forcée de 60 centimètres de diamètre, suit sous terre le chemin de la galerie jadis creusée par EDF. À sa sortie de tunnel, c’est toujours enterrée que la conduite plonge dans la vallée jusqu’à la nouvelle usine, située à 900 mètres en contrebas. Les travaux ont débuté en 2006 et les premiers essais ont été opérés en décembre dernier. L’unité, qui a été couplée pour la première fois au réseau en janvier, met dorénavant ses 4 MW de puissance, rapidement mobilisables, au service d’une demande de pointe. L’énergie qu’elle produit recevra aussi dès cette année la certification verte TÜV EE-02. L’investissement – très minoré à cause des travaux d’infrastructures initialement réalisés par EDF – s’est élèvé à 6 millions d’euros ; il sera amorti sur dix ans.


Un nouvel accident, survenu en août 1985, a coûté la vie au spéléologue tchèque Jir Kubalek.

La prise d’eau, à l’arrière de la salle de La Verna
cliquez sur le schéma
C’est là qu’est décédé Marcel Loubens, le 14 août 1952, il a fait une chute de 30 mètres à partir de la remontée du puit.

Visite
Je me suis renseignée, ce jour le 2 avril 2009 et d’après la Directrice de l’office du tourisme de la Pierre Saint-Martin – Vallée de Barétous, la salle de la Verna n’est pas ouverte au public pour le moment. Elle devrait l’être dans le courant de l’année 2010.
La spéléologie
La spéléologie
… en réalité, je me trouvais pris par la passion de la découverte. Et je compris par quoi la spéléologie tenait ses adeptes, elle agissait sur eux par le plus actif des ferments : l’attrait de l’inconnu.
Le gouffre de la Pierre Saint-Martin, Haroun Tazieff.
Le Sud de l’Ardèche est un véritable gruyère avec des grottes emménagées pour les touristes, mais ceci est infime par rapport aux réseaux qu’il existe, découvert ou à découvrir. Les spéléologues ont encore beaucoup de travail pour découvrir tout les réseaux inconnus à ce jour.
« Crapahuter » dans tout les recoins de la région, dans la garrigue, sur les lapiazs à la découverte de la moindre faille, du moindre trou. Avec une carte d’état major et une boussole, partir à la découverte des grottes et avens déjà répertoriés.
Apprendre à descendre dans un puit muni d’une combinaison, de bottes, d’une paire de gants, avec un descendeur, une poignée pour remonter ; avancer dans les entrailles de la terre avec un casque sur la tête, avec l’éclairage acétylène (époque 1985). C’est une véritable fascination mêlée à la fois d’appréhension, d’exaltation et d’émerveillement.
Souvent une vie rythmée par les sorties spéléo !
La spéléo avec l’étude de la géologie et de l’hydrologie, faisant voyager dans de nombreuses régions de France. En passant par le Gard, la Lozère. Les causses truffées de grottes et d’avens.
A la limite des Cévennes et des Causses dans le massif de l’Aigoual, on trouve l’Abîme de Bramabiau (cri du bœuf en patois local) étonnante grotte avec une cascade spectaculaire dans un défilé très étroit où la rivière porte le doux nom de « Bonheur » ca ne s’invente pas !
Dans le Vercors sur les gorges de la Bourne, on trouve Choranche et ses excentriques, la Luire et son passée historique qui fut transformée en hôpital en 1944. Le gouffre Berger, puit mythique pour les spéléos avec une descente à moins 1198m de profondeur dans les entrailles de la terre. Là aussi la région est truffée de trous. Et le Jean Bernard à Samoëns en Haute Savoie, un des plus profond puit du monde avec le réseau Mirolta à moins 1610 métres de profondeur.
Partir jusque dans les Pyrénées Atlantique sur la frontière Espagnole, sur le massif de la Pierre St Martin voir ces lapiazs qui sont d’épaisses couches de calcaire profondément érodées où on trouve l’entrée des puits les plus profonds, les plus difficiles, les plus techniques, réservé à des spéléologues chevronnés.
En disant cela je pense au BU 56 où des records de profondeur furent battu et où certains y périrent de fatigue et d’épuisement. Sur ce massif on trouve l’entrée du gouffre Lépineux avec une verticale de 346m. Ce puit débouche dans la vallée sur la commune de St Engrâce dans l’immense salle de la Verna . (je consacre un article complet)
Un tunnel fut percé par l’EDF pour le captage de l’eau de la rivière souterraine en 1956. Ce projet fut abandonné à l’époque puis repris en 2006.
De St Engrâce, monter à pied dans la montagne jusqu’au tunnel et par ce tunnel rentrer dans cette immense cathédrale qu’est la salle de la Verna. Là s’arrêter devant un épitaphe dédié à Marcel Loubens qui signale le drame qui sait déroulé dans ce puit par les pionniers de la spéléo en 1952. Une expédition de grande ampleur à laquelle participa Haroun Tazieff tourna au drame ; Marcel Loubens y trouva la mort. Participer aussi au congrés spéléo qui a lieu chaque année dans une commune de la région. On y retrouve les spéléos de beaucoup de clubs pour parler de leur passion des découvertes faites et des nouveautés en matière de matériel et de technique.
Sur les lapiazs de l’Ardèche, passer de grands moments à la recherche de fossilles. C’est un émerveillement quand on trouve une ammonite ou comme sur la carrière de marne de St Bauzile quand on trouve des feuilles, des insectes fossillisés, des poissons : de grand moment de bonheur.
La grotte Chauvet bien connue maintenant pour ses peintures, là haut sur les hauteurs du Pont d’Arc, être passé de nombreuses fois devant bien avant qu’elle ne fut découverte par ses inventeurs. Visiter beaucoup de grottes ou avens ; souvent on sait qu’il y a de l’eau en profondeur quand on voie un figuier accroché à une falaise ou dans un endroit inhospitalier très sec et caillouteux.
La Baume de Ronze située pas très loin de l’aven d’Orgnac est en fait une salle où le plafond s’est effondré ; j’y consacre un article complet.
Explorer des grottes ou avens dans l’Ardèche et le Gard, passer des étroitures pour découvrir des stalactites, des stalagmites, se trouver devant de l’aragonite et écouter dans les entrailles de la terre le bruit du silence.
Il y a la source de Font Vive à Grospierres avec une belle couleur bleue que prennent les eaux siliceuses. Derrière cette eau turquoise trois siphons ont été franchis par des spéléos plongeur mais ce réseau reste mystérieux encore à ce jour. La Goule de Foussoubie, ruisseau qui se perd dans le calcaire. Je pense à une grotte, située à mi-hauteur d’une falaise qui était colonisée par des chauves souris. Les chauves souris sont protégées donc faut passer le plus discrètement possible de façon à ne pas les déranger.
Depuis les années 1970, les techniques spéléos ont beaucoup évolué. Grace au descendeur, à la poignée pour remonter (le jumar) au baudrier, au casque avec éclairage à l’acétylène (dépassé de nos jours par l’électrique !), les spéléos ont fait de grandes découvertes, battus de nombreux records, il n’en reste pas moins une discipline réservée à des sportifs de haut niveau maitrisant parfaitement les techniques, ayant un très bon entrainement, une force mentale à toute épreuve avec des connaissances en hydrologie et tenant toujours compte de la météo lors de leur sortie et malgré tout cela il y a toujours des pièges où le risque zéro n’excite jamais. Donc il faut faire de la spéléo selon son niveau et surtout ne jamais se surestimer !

































