Archive pour mai, 2009
Le dentiste équin
Lady et Maya avaient l’extérieur des molaires comme des rasoirs,
la véto me les a faites toucher avant et après son intervention,
ce qu’on appelle des surdents.
Elles avaient même des « chiques » (des boules d’herbes ou de foin)
qui se calent entre les dents et la joue pour se protèger et ne pas se couper.
Alors du coup mes chevaux ont eu droit au dentiste !
Les problèmes que rencontre le cheval en matière de dentition sont en fait logiques :
d’abord, le cheval a deux mâchoires de largeur différente et
ensuite ses dents poussent de façon ininterrompue et régulée seulement par l’usure.
Cela provoque immanquablement une usure irrégulière que l’on ne peut rattraper qu’en lui râpant les dents.
Pas-d’âne : instrument qui sert à ouvrir la bouche des chevaux et la tient ouverte.
On meule le côté des dents avec un genre de petit disque abrasif électrique situé au bout d’une longue tige.
Est-ce que quelqu’un peut aider ma cousine, Sadie ?
Je m’adresse à tous les humains.
J’ai besoin d’aide !
Mon nom est Stella et je suis une chienne de pure race – ce qu’on peut appeler une « pondeuse ».
Je vis ici dans un grand chenil dans le Missouri, aux Etats-Unis. Il y a à peu près 2000 chiens ici.
Ca fait environs 8 ans que j’y suis (8 ans en années « humaines ») et si mes calculs sont bons, j’ai eu au moins 200 chiots.
Au moins ! Allez, je ne veux pas vous inquiéter … Je ne cours aucun danger, rien de ce genre. Il y a des gens ici qui prennent soin de nous. Chacun s’occupe d’environ 100 chiens ainsi que de leurs portées, mais à l’occasion ils s’occupent de chacun de nous personnellement.
Je sais que j’ai droit, au moins, à une caresse par jour. J’ai une cage en acier et j’ai assez d’espace pour me coucher et me retourner. On a deux repas par jour, des croquettes, mais au moins l’eau est propre. Il y a même des vétérinaires qui travaillent ici.
Au début, ça nous semblait étrange qu’on puisse trouver des vétérinaires qui ont étudié la médecine puis juré de prendre soin au bien être animal, mais ils ont réussi. Bon, assez sur moi, c’est ma cousine, Sadie, qui m’inquiète. Voyez-vous, je ne l’ai pas revue depuis qu’on était chiots. On ne peut pas s’écrire, ni s’appeler au téléphone, bien sûr, mais de temps en temps j’entends des choses par
le « téléphone arabe ». Les camions qui livrent les chiots dans les animaleries s’arrêtent aussi dans le Kansas, là ou se trouve le chenil de Sadie. J’entends des choses … et c’est ça qui m’inquiète. J’ai entendu dire que Sadie vit dans une remise plein de courants d’air où il fait froid. C’est comme ça en hiver, en été c’est un vrai four. L’homme qui s’occupe du chenil a très peu de personnel et Sadie s’y trouve avec 200 autres chiens. Leurs cages sont surélevés avec un sol en grillage – c’est plus facile pour nettoyer les cages (mais, j’ai entendu dire qu’elles ne sont pas nettoyés souvent) -- et j’ai peur que le grillage fasse mal aux pattes de Sadie. J’ai aussi entendu dire qu’on leur donne de la pâtée moisie une fois par jour et que l’eau, quand il y en a, est souvent croupie et sale. Sadie a même eu plus de portées que moi et, d’après ce qu’on m’a dit, la moitié de ses chiots seraient morts. Pauvre Sadie ! J’en suis malade quand j’y pense et je ne crois pas que je puisse faire quoi que ce soit. Je crois que je vais rester encore un an ou deux ici, et ensuite, qui sait ?
Mais j’aimerai seulement savoir comment elle va, et je sais que si elle était ici avec moi, elle se joindrait à moi pour poser une question encore. Si nous vous avons donné assez de chiots, pensez-vous que nous puissions maintenant rentrer « à la maison » ? Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire, mais j’entends parler les gens ici et ils disent, en fin de journée, qu’ils rentrent « à la maison », et ils me disent que mes chiots sont tous rentrés « à la maison ». Je pense que Sadie et moi, on aimerait bien essayer cette vie « à la maison » un jour, juste pour voir si ça nous plairait.
Merci pour toute aide que vous pourriez nous apporter !
Sincèrement, Votre amie, Stella
En mémoire de Paul

Quand la justice est aussi lente que la médecine.
« Y a-t-il eu faute ? Manque de chance ? Comment savoir, puisqu’il ne se passe rien. Paul, 6 ans, est mort le 2 avril 2008.
Et, manifestement, ce n’est pas une priorité pour la justice de savoir si cette mort était évitable.
Dans une école de Villejuif (au sud de Paris), vers 13h45, Paul fait du sport. Il se sent mal.
La directrice attend un peu, puis appelle sa mère. Une heure plus tard, les pompiers sont contactés. Partis de la caserne d’Ivry, à 14h51 selon le PV des enquêteurs, pour une mission «personne malade» sans autre précision, ils arrivent à l’école à 15h04.
Selon leur premier bilan, l’état de l’enfant nécessite une assistance médicale. Les pompiers étant partis dans un simple véhicule de «secours aux victimes», demandent un équipage médicalisé. A 15h15, celui-ci reçoit un ordre de départ pour l’école pour un «malaise persistant” chez un enfant. Arrivé à 15h26, le médecin urgentiste note aussitôt que la tension artérielle de l’enfant est effondrée, et constate une urgence cardiologique extrême. Il téléphone, alors, à la régulation pompier, qui organise une conférence téléphonique à trois avec le Samu 94. On pourrait penser que tout va s’accélérer. Or, tout traîne. L’hôpital pédiatrique de Necker semble hésiter. D’autres hôpitaux sont-ils consultés ?
Toujours est-il que ce n’est qu’une heure et demie plus tard, que le Samu 94 conduit l’enfant au CHU du Kremlin-Bicêtre, situé à cinq minutes de l’école. Plus de deux heures après le premier appel.
Au CHU BICETRE, Paul aurait fait un arrêt cardio-ventilatoire. Les parents sont informés de graves lésions au cerveau.
Finalement, Paul décède à 10 heures du matin le 2 avril 2008. Il serait mort par décompensation cardio-vasculaire à la suite d’une malformation coronarienne. Le 24 avril, devant la gravité des faits, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Créteil pour «non-assistance à personne en péril». Un juge d’instruction est nommé.
Depuis ? Rien. «Il n’y a toujours aucune pièce dans le dossier, raconte l’avocate des parents, Hélène Laurent. Le juge d’instruction a bien lancé une commission rogatoire, mais elle n’est pas toujours pas en route. Personne n’a été auditionné”! Quand j’appelle le juge, on me dit qu’il va faire un rappel”. Un juge est sûrement débordé par plein d’autres dossiers plus urgents. Le juge prend son temps, comme, apparemment, tout le monde en a pris l’habitude dans cette affaire. »
Article paru dans Libération le 16 mars 2009.

En mémoire de Paul et pour le combat de sa maman Morgane et de son papa Tristan
pouvez-vous signez la pétition :
http://www.pourtoimoncoeur.fr/
Adhérez au groupe et faites passer.
Le groupe a pour titre :
“Création d’une loi (formation aux premiers secours)”
Faites suivre, parlez en autour de vous
à votre famille, à vos amis, à vos collègues etc…
L’Abbé Pierre

Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007 à Paris, est un prêtre catholique français, résistant puis député, fondateur du Mouvement Emmaüs (organisation caritative laïque destinée à aider les pauvres, exclus et réfugiés) et de la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés.
Biographie
Henri Grouès est né le 5 août 1912 à Lyon (IVe) dans une famille bourgeoise aisée et pieuse de négociant en soie lyonnais, originaire, du côté paternel, du hameau de Fouillouse en Saint-Paul-sur-Ubaye, village le plus haut des Alpes-de-Haute-Provence situé au fond de la vallée de l’Ubaye, et de Tarare dans le Rhône du côté maternel. Il est le cinquième de huit enfants. Il a été baptisé à l’église Saint-Eucher, dans le 4e arrondissement de Lyon. Il passe son enfance à Irigny, une commune au Sud-Ouest de Lyon. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des Hospitaliers veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres.
Élève à l’externat Saint-Joseph (actuel Lycée Saint-Marc), il fit partie des scouts de France, dans lesquels il fut totémisé « Castor méditatif ». En 1928 à 16 ans, après un « coup de foudre avec Dieu » selon ses propres mots, il veut entrer dans les ordres franciscains, cependant il devra attendre d’avoir 17 ans et demi. À ce sujet il déclara « On me disait beau gosse, peut-être même un peu mondain, pourtant, le lendemain je serai moine.»
Entrée dans les ordres
En 1931, il fait profession chez les capucins où il prononce ses vœux. Il renonce cette année-là à sa part du patrimoine familial, et donne tout ce qu’il possède à des œuvres caritatives. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il entre au cloître, au couvet de Cret où il passe sept années d’austérité religieuse.
Le samedi 18 décembre 1937, il est ordonné diacre par Mgr Pic, évêque de Valence (Drôme) dans la chapelle du Grand Séminaire, 75 rue Montplaisir, qui abrite aujourd’hui le Lycée Privé Catholique Montplaisir.
Il est ordonné prêtre le 24 août 1938 en la chapelle du lycée Saint-Marc. En avril 1939, il devient vicaire à la Basilique Saint-Joseph de Grenoble.
Seconde Guerre mondiale
Il est mobilisé comme sous-officier dans le régiment du train des équipages, en décembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale.
Selon sa biographie officielle issue des archives officielles du Ministère de la Défense Nationale, « vicaire à la cathédrale Notre-Dame de Grenoble, il recueille des enfants juifs dont les familles ont été arrêtées lors des rafles des Juifs étrangers en zone Sud, en août 1942 ».
La même année, il fait passer en Suisse le plus jeune frère du général de Gaulle, Jacques, ainsi que son épouse. Il participe à la création de maquis dont il est un des leaders dans le massif du Vercors et le massif de la Chartreuse. C’est à cette époque qu’il rencontre Lucie Coutaz, qui le cache sous un faux nom, et restera sa secrétaire particulière jusqu’à sa mort en 1983. Elle est considérée comme la co-fondatrice du Mouvement Emmaüs.
Il aide les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Il prend le nom d’abbé Pierre dans la clandestinité. En 1944, il est arrêté par l’armée allemande à Cambo-les-Bains, dans les Pyrénées-Atlantiques, mais est relâché et passe en Espagne puis rejoint via Gibraltar le général de Gaulle à Alger en Algérie française. Il devient aumônier de la Marine sur le Jean Bart à Casablanca (Maroc) et devient une figure importante de la Résistance.
Ses actions dans la résistance lui valent la Croix de guerre avec palme à la Libération. De son expérience passée et des drames dont il a été témoin, il doit, comme bien d’autres résistants de tout bord qui l’ont côtoyé, son engagement politique pour restaurer une société digne fondée sur les droits humains fondamentaux, mais aussi sa profonde détermination à agir pour des causes qu’il croit justes, y compris parfois dans l’illégalité, et à mobiliser autour de lui pour faire changer les lois établies et les regards indifférents.
Carrière politique
Après la guerre, sur les conseils de l’entourage de De Gaulle, et l’approbation de l’archevêque de Paris, il est élu député de Meurthe-et-Moselle aux deux assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP) de résistants démocrates-chrétiens, puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège d’abord sein du groupe MRP. Sa profession de foi affiche un programme proche du populisme (ni capitaliste, ni collectiviste, Suppression des contraintes administratives, vote familial, immigration étroitement filtrée, expulsion immédiate des immigrés indésirables).
En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel (mondialisation démocratique). Avec Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Garry Davis, citoyen du monde, qui s’oppose à la remontée rapide des égoïsmes nationaux et déchire son passeport devant l’ambassade américaine.
Il se désolidarise du parti politique après « l’incident sanglant » de Brest d’avril 1950, ayant provoqué la mort de l’ouvrier Édouard Mazé. Dans sa lettre de démission du 28 avril 1950, Pourquoi je quitte le MRP, il dénonce les positions politiques et sociales du Mouvement. Il rejoint ensuite la Ligue de la jeune République, mouvement chrétien socialiste. Mais, il ne se représentera plus à l’Assemblée à la fin de son mandat : sa courte carrière politique se termine en 1951 et l’abbé Pierre retourne à sa vocation première de prêtre-aumônier et s’investit, avec sa petite rente d’ex-député, dans ses actions caritatives.
Fondation d’Emmaüs
Il fonde en 1949 le Mouvement Emmaüs (en référence à Emmaüs, village de Palestine apparaissant dans un épisode du dernier chapitre de l’Évangile selon Luc) d’aide aux déshérités, particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi dès 1950 par fonder la communauté d’Emmaüs Neuilly-Plaisance.
Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d’objets de récupération et construisent des logements.
« Emmaüs, c’est un peu la brouette, les pelles et les pioches avant les bannières. Une espèce de carburant social à base de récupération d’hommes broyés. »
C’est une organisation laïque.
En 1952, il participe au jeu « Quitte ou double » sur Radio Monte Carlo pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 256 000 francs de l’époque.
En décembre 2003, sur la proposition de M. Jean-Paul Carteron Président du Forum de Crans Montana, il reçoit le prix de la Fondation des mains de S.A.S. le prince héréditaire Albert de Monaco. Il s’agira du seul prix « profane » accepté par l’abbé Pierre dans toute vie. Ainsi qu’il le déclara en recevant la modeste œuvre d’art symbolisant ce prix, « je la mettrai sur la table où tous les jours je dis ma messe ».
Quelques citations de l’abbé Pierre
« Les blasphèmes qui montent en multitude de la terre ne sont pas lancés contre Dieu vrai, contre Dieu Amour. Ils sont lancés à la face des faux dieux, façonnés par les égoïsmes, les hypocrisies, les intérêts politiques. Le seul blasphème, c’est le blasphème contre l’amour »
(Mémoires d’un croyant / 1997)« On ne possède vraiment que ce que l’on est capable de donner. Autrement on n’est pas le possesseur, on est le possédé. »
(Dieu et les Hommes / 1993)
« Il n’y a que les hommes pour tuer un million d’entre eux pour la victoire d’un chef : des hommes qui ne se connaissent pas s’entre-tuent sur l’ordre de chefs qui se connaissent et ne s’entre-tuent pas, chefs qui signeront la paix en se serrant la main, un verre de champagne dans l’autre. »
(Absolu / 1994)
« J’ai arrêté d’envoyer de vieux habits à l’abbé Pierre : il ne les met jamais. »
(José Artur / Les pensées)





























